DP3 - Visite du SAMU/SMUR 95

(actualisé le ) par Mme Da Costa Evieux

Grâce à ECOLE et VIE LOCALE, nous avons pu visiter le SAMU CENTRE 15 du Val d’Oise, basé à l’hôpital de Pontoise, centre hospitalier René Dubos, lundi 30 mai 2016 après-midi.

Nous y sommes allés en car et avons été accueillis par M. Wartelle, d’EVL ainsi que par Laure, ARM (Assistante de Régulation Médicale) au SAMU 95, et Erwan, ambulancier au SMUR.
Ils nous ont accompagnés dans une salle pour nous présenter et expliquer grâce à un diaporama ce que sont le fonctionnement du SAMU et du SMUR, qui sont deux entités différentes.
Ils ont annoncé que nous allions découvrir les différents services, la salle de régulation ainsi que les véhicules.

Erwan et Laure nous ont présenté les différentes activités du SAMU Centre 15 du Val d’Oise :
• Activité de régulation du Samu-Centre 15 ( 350 000 appels entrants / an)
• Activité de SMUR adulte et pédiatrique (4 234 interventions / an)
• Activité de CESU (Centre d’Enseignement de Soins d’Urgence)

Le SAMU est un Service d’Aide Médicale Urgente, créée en 1956 par le Professeur Maurice Carat. Il n’en existe qu’un seul dans le Val d’Oise.
Le centre 15 sert à la régulation des appels d’urgence : les ARMS réceptionnent les appels téléphoniques, analysent la situation, posent des questions aux personnes pour savoir si la situation est réellement urgente. Ils donnent des conseils, envoient une ambulance si nécessaire ou même les pompiers. Tous les appels son régulés par le médecin, que ce soit en lui passant l’appelant directement où en l’avisant par la suite s’ils sont occupés.

Il y a aussi des médecins généralistes, urgentistes, pédiatres qui sont présents dans la salle de régulation.

Le SAMU reçoit des appels 7 jours sur 7, 24h sur 24. Pour les joindre, on peut composer le 15 ou le 112. Au SAMU, il est rare que les employés fassent trois gardes d’affilée, le plus souvent ils font deux gardes de suite et une voir deux autres dans la semaine. Par contre au SMUR, ils enchaînent souvent trois gardes.

Il y a une nouveauté dans la salle de régulation depuis les attentats de novembre 2015 : il y a deux téléviseurs, toujours sur des chaines d’information continue, pour être informés en temps réel si jamais il y a une situation d’urgence comme celle de novembre 2015. En effet, lors de ces attentats, les personnes travaillant en salle de régulation ont appris les nouvelles grâce aux réseaux sociaux.
Les téléviseurs ont été installés pour améliorer l’efficacité de l’aide apportée dans ces cas extrêmes.

Puis, nous avons été divisés en deux groupes pour pouvoir accéder à la salle de régulation.
Il était important que nous ne fassions pas de bruit afin de ne pas déranger le travail des ARMS qui recevaient des appels provenant de personnes en détresse. Nous remercions les personnes qui travaillaient d’avoir accepté que nous venions observer leur travail, ainsi que de nous avoir autorisés à prendre une photo.
Il y a dans cette salle 10 postes de travail.

Pour chaque poste, il y avait à disposition :

- 1 ordinateur avec 3 écrans (un logiciel particulier pour récupérer les informations des appelants,un écran servant à envoyer les ambulances si besoin)
-1 un casque permettant de prendre les appels, un téléphone
-un écran supplémentaire permet d’observer la plateforme hélicoptère.

Dans la salle de régulation, les postes étaient répartis en deux arcs de cercle : les médecins, les ARM de l’autre.
Chaque personne travaillant dans la salle de régulation ne prend qu’un seul appel à la fois, pour ne pas rater une information essentielle, bien gérer le stress de la personne au bout du fil, et prendre la bonne décision.

Pour devenir ARM, il n’y a pas besoin d’un BAC particulier, mais nécessité d’avoir le BAC minimum. Il est souhaitable d’avoir fait des stages, ou formations en lien avec la santé (PSC1 , pompiers, etc...)
Il y a beaucoup plus d’appels depuis 10 ans. .En effet, entre 2006 et 2016, il y a une augmentation de 17000 appels par an. En 2016, 250 000 appels ont été répertoriés en un an.
8 personnes peuvent décrocher le téléphone en même temps, donc le temps d’attente est beaucoup plus long maintenant qu’il y a dix ans. En moyenne, la salle de régulation des appels reçoit 700 appels par jour.

Malheureusement, il y a une augmentation des erreurs et canulars : en 2015, il y a eu 50 000 appels inutiles. Ces appels sont nuisibles car ils monopolisent l’attention et peuvent mettre en danger car il est possible que quelqu’un soit vraiment en urgence vitale et ne puisse être pris en charge à cause de ces appels.

Nous avons ensuite pu visiter un camion du SMUR avec Erwan, l’ambulancier.

Le SMUR intervient sur des détresses vitales ou lorsqu’il y a un nombre important de blessés.
La fonction principale du SMUR est de mettre la personne en sécurité, de la prendre en charge au mieux. Il est déclenché et régulé par le SAMU.

Nous avons pu voir deux types de véhicule d’urgence (UMH, Unite Mobile Hospitalière) :
un 4x4

et une ambulance adulte : ces véhicules sont médicalisés et permettent de transporter un patient (ambulance) ou bien le matériel nécessaire pour une intervention d’urgence (4x4).

Nous avons vu l’intérieur d’une ambulance adulte.
A l’intérieur du véhicule il y a tout le matériel nécessaire pour s’occuper des personnes en urgence. Ce matériel est accroché pour permettre d’être efficace et de rouler en sécurité.

Le "scope" est utilisé sur chaque intervention. Il permet en quelques secondes de mesurer la tension, le rythme cardiaque, le taux d’oxygène dans le sang. Nous avons aussi vu un pousse-seringue, un kit pour intuber les patients, un brancard électrique (poids à vide 60kg !) et un sac de secours avec tout les médicaments nécessaires pour faire des injections.

Sur le côté du camion, il y a la réserve de fluides : oxygène, protoxyde d’azote et de l’air. Il y avait aussi une atèle, un sac d’accouchement et un sac spécifique pour la pédiatrie.

Lors des interventions, dans le camion du SMUR, il y a l’ambulancier, un médecin et un infirmier.
Pour être ambulancier, il faut avoir le BAC, le permis B et le permis C (poids lourd), avoir fait des stages de conduite sur circuit et avoir passé une visite médicale pour garantir que la personne est apte pour conduire le véhicule et garantir la sécurité de tous les passagers. Il sert parfois d’assistant au médecin et à l’infirmier.

Le médecin est responsable de l’intervention, il décide de la conduite à tenir, assure les gestes de réanimation, est un interlocuteur privilégié avec le SAMU et surveille l’état du patient.
L’infirmier applique les prescriptions médicales, assiste le médecin et surveille aussi l’état du patient.
Il faut savoir que le délai d’intervention du SMUR est plus long que celui des pompiers.
Les pompiers mettent entre 7 à 10 min pour se déplacer alors que le SMUR met 15min en moyenne. Cela s’explique du fait qu’il y a 39 casernes de pompiers dans le Val d’Oise.

Nous avons beaucoup apprécié cette visite. Nous avons pris conscience que le SAMU et le SMUR sont 2 entités différentes et avons mieux compris quelles sont leurs fonctions, leur mode de fonctionnement. Ce sont deux organisations très importantes et d’utilité publique, nous avons mieux compris quelles qualités sont nécessaires pour exercer dans le domaine de la santé urgentiste : beaucoup de sang froid, du calme, capacité d’analyse et de prise de décision rapide. Les conditions de travail sont parfois difficiles, car ces situations d’urgence génèrent beaucoup de stress. Il faut prendre la bonne décision très vite, la vie d’une ou plusieurs personnes peut être en jeu.

Merci à EVL d’avoir organisé la sortie ainsi qu’à Laure et Erwan du SAMU et SMUR d’avoir pris le temps de nous recevoir.